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Une bouteille géante de pesticides mise à terre alors que l’Europe débat de l’avenir du glyphosate

*1,3 million d’Européens demandent son interdiction à travers l’initiative citoyenne la plus rapide de l’histoire*

 

Bruxelles, le 19 juillet 2017 - En face de la Commission européenne, des citoyens ont renversé une bouteille géante de glyphosate sur le rond-point Schuman afin de symboliser la demande d’interdiction du pesticide controversé formulée par plus de 1,3 million de personnes à travers l’Europe [1].


Au même moment, les États membres de l’UE se réunissaient pour discuter de la réautorisation du glyphosate dans l’Union européenne [2]. Le débat sur l’avenir de ce produit a donné lieu à l’initiative citoyenne européenne la plus rapide de l’histoire; elle demande la fin de l’utilisation de ce produit, une réduction générale du recours aux pesticides et davantage de transparence dans les évaluations des risques liés à l’utilisation de ces produits.

 

David Schwartz, coordinateur pour l’ICE à WeMove.EU, a déclaré: “Les preuves scientifiques des risques sanitaires et environnementaux du glyphosate sont assez nombreuses pour qu’une interdiction soit justifiée. Plus d’un million d’Européens demandent une telle interdiction, ainsi qu’une transition vers un avenir sans pesticides. Chaque jour, des agriculteurs bio montrent qu’il est possible d’être productif et rentable sans pesticides. Il est grand temps que nos gouvernements écoutent leurs citoyens, rejettent les informations biaisées colportées par l’industrie et refusent la proposition de la Commission de conserver le glyphosate sur le marché pour dix ans supplémentaires.”


La Commission européenne propose de renouveler l’autorisation du glyphosate pour dix ans, malgré les déclarations des experts indépendants du CIRC, l’agence spécialisée dans le cancer des Nations Unies, selon lesquelles ce produit est “probablement” cancérigène. La Californie a récemment ajouté le glyphosate sur sa liste de produits chimiques cancérigènes.


L’influence des multinationales sur le processus de régulation du glyphosate est également source d’une vive inquiétude. L’inspecteur général de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a lancé une enquête au sujet d’une possible collusion entre un ancien cadre de l’agence et Monsanto, le plus grand producteur de glyphosate. Des informations supplémentaires indiquent que le même employé de l’EPA a joué un rôle indu lors de l’évaluation des risques du glyphosate.


L’Agence européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ont déclaré qu’il était improbable que le glyphosate soit cancérigène, mais ont souligné les lourds dégâts environnementaux dont il est responsable. L’EFSA est également en train d’évaluer des preuves selon lesquelles le glyphosate perturberait le système hormonal humain [3].


Dr Christopher Portier, un des 96 experts scientifiques qui ont publiquement déclaré que l’évaluation de l’EFSA ne reposait pas sur les données avancées, avertit également que ni l’EFSA ni l’ECHA n’ont correctement pris en compte de nombreux cas de tumeurs rapportés dans des études confidentielles sur des animaux, fournies par l’industrie. L’EFSA et l’ECHA ont répondu que ces études “ont été étudiées de façon adéquate et [que] par conséquent les évaluations n’avaient pas lieu d’être reconsidérées”.

Notes

 

[1] En février 2017, une coalition d’organisations de la société civile a lancé une initiative citoyenne européenne appelant la Commission européenne à interdire le glyphosate, réformer le processus européen d’autorisation des pesticides et à émettre des objectifs obligatoires de réduction de l’utilisation des pesticides au sein de l’UE. En à peine 4 mois, plus d’1,3 million de personnes ont demandé à la Commission européenne d’interdire le glyphosate.

 

[2] L’autorisation du glyphosate par l’UE expire à la fin de 2017. La Commission européenne a émis la proposition d’un renouvellement de l’autorisation pour 10 ans supplémentaires, sur la base des évaluations de l’EFSA et de l’ECHA. Pour davantage d’informations, veuillez consulter ce calendrier des étapes passées et à venir du processus d’autorisation du glyphosate.

 

[3] L’Agence européenne de protection des aliments (EFSA) a identifié un risque élevé au long terme pour les mammifères et les oiseaux provenant des utilisations de pré-plantage et de pré-récolte. L’Agence européenne pour les produits chimiques (ECHA) a classifié le glyphosate comme produit “toxique pour la vie aquatique avec des effets au long terme”.