Mercredi 22 janvier 2014
Plus d’1 million de citoyens se mobilisent pour mettre fin à l’impunité du « Viol & Mariage » et réformer les lois discriminant les femmes au Maroc
** Avaaz remet une pétition mondiale d’1,1 million de signatures au Parlement marocain **
Alors que le Parlement marocain doit se prononcer aujourd’hui sur l‘article 475 du code pénal qui permet d’accorder l’immunité à un violeur s’il se marie à sa victime mineure, 1,1 million de personnes dans le monde ont rejoint la campagne lancée par le mouvement citoyen mondial Avaaz appelant les députés à réformer immédiatement l'article 475 et à adopter une législation complète pour lutter contre la violence contre les femmes au Maroc. La pétition en ligne est accessible ici.
Avaaz et les associations marocaines de défense des droits des femmes ont organisé aujourd'hui un rassemblement devant le Parlement afin de rappeler ces demandes en amont du vote. Des photos de cette action sont disponibles en ligne ici.
Avaaz publiera demain dans Al Massae un appel exhortant le Premier ministre Benkirane à une action d'urgence, et des centaines de messages personnalisés ont été envoyés directement au ministre de la Justice afin d'insister sur le fait que la réforme de l'article 475 est certes une première étape indispensable, mais loin d'être suffisante : une réforme globale du code pénal est nécessaire pour éliminer les dispositions discriminatoires à l'égard des femmes, et de nouvelles lois doivent être créées pour protéger les femmes contre la violence généralisée et quotidienne. L'annonce presse peut être vue ici.
Dalia Hashad, directrice de campagne chez Avaaz, déclare:
« Aujourd'hui, les députés peuvent garantir qu'il n'y aura plus jamais de tragédies comme celle d’Amina. Mais mettre un terme au droit pour un violeur d’échapper à la justice en se mariant avec sa victime n’est qu’une première étape. Plus d'un million de personnes demandent au gouvernement d'adopter des réformes globales visant à protéger les femmes et les jeunes filles au Maroc, et à honorer la mémoire d’Amina comme il se doit. »
En 2006, le gouvernement marocain a promis de réformer les éléments de la législation discriminant les femmes, y compris l'article 475 qui permet notamment aux violeurs d’éviter des poursuites en épousant leur victime mineure. Mais aucune action n’a suivi et, en 2012, ce même article 475 a soulevé une indignation internationale lorsqu’une jeune fille de 16 ans, Amina Filali, s'est donné la mort après avoir été forcée d'épouser l’homme qui l’avait violée.
Avaaz et les associations de défense des droits de femmes au Maroc demandent que le gouvernement propose un nouveau projet de législation avant la fin de la prochaine session parlementaire, de sorte qu’elle puisse être mise en application d'ici la fin de 2014. Cette législation devrait veiller à ce que :
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Les lois marocaines soient conformes aux normes internationales, de la définition de la «violence contre les femmes» à la prise en compte de tous les actes s’y référant.
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La nouvelle législation couvre quatre domaines clés : la protection, la prévention, des mécanismes de justice et des sanctions pénales appropriés, et de meilleures procédures d'accompagnement pour les victimes.
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Les associations de la société civile participent au processus d’élaboration des projets de loi.
Le Maroc ne dispose d’aucune loi spécifique sur la violence contre les femmes, et dans certains cas la législation autorise même une telle violence : par exemple, alors que plus de 50% des cas de violence contre les femmes sont conjugaux, la loi ne reconnaît pas le viol marital comme un crime mais comme un droit conjugal. Selon les derniers rapports officiels, une femme sur quatre au Maroc a subi des violences sexuelles dans sa vie, et 2 femmes sur 3 ont été victimes de violence en une année.
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Pour plus d'informations ou pour organiser des interviews, veuillez contacter :
Aldine Furio (à Paris), aldine@avaaz.org , +33 686 929 330
Marie Yared (à Rabah), marie@avaaz.org , +33 667 093 298
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